Troisième anniversaire des attentats terroristes de Madrid

Hier le 11 mars marquait le troisième anniversaire des ‘attentats terroristes contre des civils innocents' perpétrés à Madrid le 11 mars 2004. Des centaines de gens qui se rendaient au travail tués encore plus de blessés. Vous, moi, votre blonde, vos proches auraient pu y être.

Ouais. Mais Madrid c'est si loin ...

Si loin, si proche.

J'ai été pour ainsi propulsé au cœur des événements de Madrid parce qu'une amie proche y réside et que j'ai soudain réalisé qu'elle aurait pu être ‘du nombre.' Voici ce que je lui ai envoyé par mail le lendemain 12 mars après, je l'avoue, quelque 24 heures d'une horrible apathie habituelle: "I hope no one you know was killed or injured in the terrorist attacks in Madrid." Voici ce qu'elle m'a répondu en retour : " ... thank you for thinking about us in this time of pain, confusion and rage. My family and friends are all fine; we feel terribly sorrow for the hundreds of families who can't say the same. Today Spain and many countries throughout the world will be out in the streets crying out the pain and shouting to never happen again what should have never happened." (C'est texto; je sais que l'anglais de Berta n'est pas parfait mais après tout, sa langue maternelle n'est-elle pas l'espagnol?)

C'est précisément à la lecture de sa réponse que j'ai senti que désormais, le terrorisme était désormais quelque chose que j'allais ‘prendre personnel.' Dorénavant Madrid était dans ma cour, toutes les distances annihilées.
(Nul besoin d'une carte VISA pour ça! Décidément les publicistes sont passés maîtres à ignorer les ressorts de l'âme humaine, la grandeur et le pouvoir de la compassion aussi bien que de l'empathie, nous faisant passer en passant pour de joyeux imbéciles!)

De la même façon que les attentats avaient aboli la distance entre moi et Madrid, ils ont commencé d'ouvrir une fissure entre moi et les militants pour la paix. Je ne comprends toujours pas, en effet, que ceux-ci, du moins ceux que je connais à Montréal et au Québec, n'ont jamais mis autant d'ardeur à dénoncer les ‘attentats terroristes contre des civils innocents' qu'ils n'en mettent à dénoncer, à juste titre évidemment, les actes criminels de l'Empire et de ses suppôts; en tout les cas, à ma connaissance.

Je ne pense pas qu'il faille mettre fin aux dénonciations de l'Empire au contraire et je me fais un devoir de participer à toutes les manifestations et entreprises qui le font. Je suis d'accord que la politique de l'empire ne fait qu'aggraver les conditions permettant l'éclosion de plus de terrorisme encore.
Par contre, je ne pense pas non plus que le fait de dénoncer les ‘attentats terroristes contre des civils innocents' nous fasse ‘dévier de notre cible' comme c'est souvent entendu ou sous entendu.
Alors quoi?
En fait j'attends une réponse et serai très heureux d'en considérer une.

D'ici là, je me ferai un devoir, à l'occasion de toute manifestation pour la paix de porter ma conservée de pancarte qui affiche fièrement du côté face : NON À L'OCCUPATION DE L'IRAK et, du côté pile : NON À L'ASSASSINAT TERRORISTE DE CIVILS INNOCENTS.
Et, d'ici là, a toutes les fois que les terroristes s'attaqueront à des civils innocents, je la sortirai sur mon balcon comme je l'ai f ait en ce triste 7 juillet 2005 suite aux attentats de Londres.

Le 7 juillet 2005, certains de mes voisins et voisines sont venus me voir et ensemble nous avons exprimé notre dégoût, notre écoeurement et notre volonté d'en finir une fois pour toutes avec la violence.

-- Petit Jean

 

 

 

 

 

Liens

How the war on terror made the world a more terrifying place (The Independent)


salut! je viens de lire

salut! je viens de lire l´article que tu as ecrit pour le 11 de mars. reading our old mails that we interchanged on the following day has really brought me back to that moment. to those feelings. you know? it was very strange the "mood of the city" (if there is such a thing!). It was as if the whole city was so sad. you would walk on the street and look at each other´s eyes (what normally does not happen) and feel the sorrow all around and very inside everyone. unfortunately the killing of innocent civilians goes on all over the world. And I don´t really know what it takes to stop it once and forever. I am happy that people like you continue talking, marching, shouting, showing the world what is not right. what is the horror that should not happen. big hug for you jean, berta

La pensée qui m'est venue

La pensée qui m'est venue à l'esprit quand j'ai lu ton texte est : Et le fameux 11 septembre, pourquoi ne t'a-t-il pas profondément touché lui (ni toi, ni tout plein d'autres personnes)? Il était pourtant si proche, dans une ville que plusieurs d'entre nous avons déjà visitée. Et non, nous les gaugauches, le 11 septembre, on a plutôt ressenti une joie coupable : "Enfin, ils vont sûrement comprendre ces états-uniens! Ils vont la ravaler, leur arrogance!" Mais non, on a tous vu le résultat; plus de guerre, plus de souffrance. On devrait toujours compatir avec ceux qui souffre, mais on n'en finirait plus. On devrait toujours ignorer la souffrance des autres, c'est le seul moyen d'être heureux. Ou quelque chose entre les deux...

Julie, tu as tout à fait

Julie, tu as tout à fait raison. je pens equ'ils ne sont pas nombreux ceux et celles qui ne se sont pas dit le 11 septembre 2001 que les amaricains l'avaient un peu beaucoup cherché

Bonjour Jean. J'aime

Bonjour Jean. J'aime toujours lire tes écrits, et celui-ci ne fait pas exception. Depuis que je suis parent, je ressens avec une émotion jusque là insoupçonnée toute histoire de violence gratuite. Je suis d'accord avec ta réaction. Continue ce que tu fais! Matthew

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