RÉCIT 2008 : À la découverte de l’éducation citoyenne à Grenoble et à ParisTexte par Aimée van Drimmelen (Membre travailleur, Coop La Maison Verte)Traduction par Joanne Deshaies « Pour qu’un autre monde soit possible, il faut une autre éducation tout au long de la vie. »
– Didier Minot, RÉCIT
, à Grenoble, France. Notre groupe était composé de personnes de divers horizons, toutes actives dans le secteur communautaire, l’éducation, les organismes démocratiques ou la solidarité internationale.La délégation québécoise :Quinze délégués québécois de moins de 35 ans ont pu se rendre en France grâce à l’appui de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, l’OFQJ , un organisme qui encourage la coopération franco-québécoise. Découvrir les projets de nos collègues de partout au Québec était le premier point saillant du voyage. J’ai fait connaissance avec Dominique, du Regroupement Action Jeunesse 02 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Samantha, du Comité d’employabilité et de développement économique communautaire (CEDEC ) des Îles-de-la-Madeleine, et Julie-Marie, qui siège à la Table jeunesse de Gatineau . De Montréal, j’ai rencontré Élizabeth, de l’Institut de développement communautaire de l’Université Concordia, Alex, du Centre for Community Organizations (COCO ), Jordan de À deux mains et Leslie, du Conseil communautaire de Notre-Dame-de-Grâce . CDHALIl y avait aussi Claudine, qui œuvre à l’international, notamment comme travailleuse communautaire au Mali, et Martin, qui, entre autres projets, participe au Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL ). Ce comité a organisé une tournée de neuf villes québécoise avec des femmes autochtones originaires de l’Équateur. Martin a aussi aidé à réaliser un documentaire intitulé « Amazonie, cuivre et cie » et ayant pour objet la tournée et les incidences néfastes des compagnies minières. En parlant des documentaires, Julie est une jeune réalisatrice de projets documentaires qui s'intéresse aux gens et aux projets qui sortent de l'ordinaire et qui proposent d'autres façons de faire, d'autres rapports en société. À titre d'exemple, Julie a co-réalisé le court-métrage "Mamoué" qui montre les activités de Mamie Henriette, Québécoise d'origine congolaise et fondatrice de MIDI, une association qui veut sortir les femmes immigrantes âgées de l'isolement. "Mamoué" peut être visionné jusqu'au 31 mars à l'adrsse suivante: http://www.rcinet.ca/rci/fr/concours.asp (cliquez sur le bouton "pour lancer la compétition"). Et ce ne sont là que quelques gens de notre groupe! La conférence : de 2002 tenu à Porto Alegre, au Brésil, le thème principal de la rencontre annuelle du RÉCIT était : « Devenir citoyen et acteur d’un monde solidaire ». Le but était de donner l’occasion aux quelque 300 organismes présents de faire connaissance et d’échanger leurs recherches, expériences et réflexions, afin de permettre à chacun d’agir de façon plus efficace et cohérente.De nombreux ateliers étaient offerts sur une vaste gamme de sujets, comme « Participer à la vie publique et mobiliser les jeunes » ou « Outils et pratiques pour construire un monde durable ». À titre de représentante de La Maison Verte, j’ai choisi l’atelier « La consommation responsable pour tous », où j’ai pu parler de nos expériences et découvrir des projets semblables aux nôtres en France. Plusieurs des enjeux soulevés par le groupe concernant l’amélioration de nos habitudes de consommation étaient aussi pertinents en France qu’au Canada. Nous avons discuté de l’importance de devenir des « consommacteurs », c’est-à-dire des consommateurs engagés, conscients et informés, qui font des choix intelligents. Nous avons aussi discuté du concept de la simplicité volontaire . Les gens qui adoptent cette philosophie ou se joignent au mouvement choisissent de vivre simplement plutôt que de rechercher la richesse ou un pouvoir de dépenser. La simplicité volontaire suppose de travailler moins et de gagner moins d’argent, et par conséquent de réduire notre niveau de consommation. Cela procure davantage de temps pour profiter de la vie et se concentrer sur notre croissance et celle de notre famille. Aussi, en consommant moins, nous avons moins d’impacts négatifs sur les travailleurs et l’environnement, et ce, tant à l’échelle régionale que planétaire. Dans les mots d’un des membres du groupe, « J’essaie de vivre simplement afin que d’autres puissent simplement vivre ». Pour moi, cela revient à dire : « Je vis simplement et je ne le savais même pas! ». Parfois, c’est facile de faire son bout de chemin.En France, réduire la distance entre les producteurs et les consommateurs et trouver localement des solutions et des biens est une autre façon de consommer de manière plus responsable et d’encourager les producteurs locaux. Les épiceries et les marchés affichent fièrement les marchandises et les fruits et légumes frais de la région. Tout comme nos paniers de légumes ASC (agriculture soutenue par la communauté), le système de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, l’AMAP , met les consommateurs directement en contact avec les fermiers locaux, qui distribuent hebdomadairement des paniers pendant les saisons printemps/été et automne/hiver. Les membres paient leur panier à l’avance chaque semaine. Plusieurs des participants à cet atelier étaient engagés dans des projets appuyant la vente de produits locaux dans leur communauté. Le projet Court-Circuit du Grenoblois Sylvain Prat est un exemple intéressant. Son programme fait la promotion de produits locaux de qualité, santé et de saison, comme des fruits et des légumes, du miel, du cidre de pomme et des jambons, et ce, par le biais des épiceries indépendantes existantes de la ville. Les membres sont informés par courriel quand les produits arrivent en magasin et ils obtiennent un prix spécial à l’achat. Une carte sur le site Web indique tous les détaillants participants, afin que les membres en trouvent un dans leur quartier plutôt que d’avoir à se déplacer loin de chez eux. Une autre carte indique aux commerçants la concentration de membres qui cherchent des produits locaux. Pour un petit commerce, offrir de tels produits périssables ou peu connus peut comporter des risques, mais le système de Prat garantit aux commerçants que les membres viendront acheter les produits. Avec toutes nos fruiteries fantastiques, un tel projet pourrait très bien fonctionner à Montréal. Le projet de Prat a commencé en septembre 2007 seulement et, déjà, il semble remporter beaucoup de succès. Vous n’avez qu’à visiter le site Web pour le constater.Après deux jours de discussions, nous sommes arrivés à la conclusion que l’éducation citoyenne est essentielle pour soutenir et encourager la consommation responsable. Elle peut être intégrée à l’éducation formelle ou provenir de plusieurs sources, nos communautés, nos familles, l’art ou les films et bien d’autres encore. Pour changer les perceptions et les habitudes de consommation, il nous faut user d’exemples concrets de solutions de rechange. Notre groupe s’est également entendu pour dire que le fait de se rencontrer pour s’inspirer des projets et des expériences de chacun avait été très profitable. Visite d’organismes communautaires à Grenoble : (HQE), semblables aux standards américains Leadership in Energy and Environmental Design (LEED ) L’agriculture locale est soutenue par les organismes comme Terres D'Ici . Comme beaucoup de villes françaises, un système de tramways efficace et accessible relie entre eux les différents secteurs de Grenoble. Plusieurs des voies sont entourées non pas de béton, mais bien de pelouse, nettement un plus.Grâce aux organisateurs du RÉCIT, Julie et Gauthier avons eu la chance de découvrir ces organismes, entre autres, Soli’GREN, une association qui fait la promotion de produits biologiques locaux, y compris un panier de fruits et légumes, et offre des locaux à d’autres organismes œuvrant dans les domaines du commerce équitable, des voyages équitables, de la santé et de la nutrition. de Grenoble, un organisme de commerce équitable français semblable nos Dix Mille Villages , occupe un local au rez-de-chaussée de Soli’GREN. Il ne s’agit pas seulement d’une boutique, mais bien d’un lieu où on vend des produits équitables de partout dans le monde ainsi que des marchandises de production locale. Les Artisans appuient ou financent aussi des projets sociaux ou politiques. Par exemple, ils appuient la campagne contre l’exportation des surplus de lait de la France vers des pays africains comme le Mali, le Sénégal ou le Kenya, une initiative qui nuit aux producteurs locaux et habitue ces pays à compter sur des ressources étrangères plutôt que de développer des solutions sur place et de régler le problème de la faim à la source (pour plus d'information sur la campagne cliquez ici ). Leur troisième mission est éducative : les gens d’ADM animent des ateliers dans les écoles primaires et secondaires, et parfois aussi dans les entreprises. Enfin, pour stimuler l’achalandage dans leurs locaux, ils organisent plusieurs activités, comme la fabrication de papier et des cours de cuisine.J’ai passé ma dernière soirée à Grenoble dans un excellent bar, La Bobine . Ce « bar associatif » est géré comme une coopérative à but lucratif pour artistes. Pour 6 € par an, les membres peuvent participer au projet. Ils peuvent aider à l’organisation et à la promotion de spectacles, expositions ou autres événements. Ce soir-là, par exemple, on présentait de la musique acoustique traditionnelle à un public de 1 à 65 ans (c’est une bonne chose que la cigarette soit interdite à l’intérieur des lieux publics en France!). Ensuite, on a présenté un film du Réseau Éducation Sans Frontières à propos de problèmes d’immigration, puis il y a eu un bon spectacle rock. Que demander de mieux? Je me suis demandé : des bars-coopératives, pourquoi pas? Coop La Maison Bière? Qui me suit?De retour à Paris :Omer, travailleur à la MDS, a eu la gentillesse de nous faire visiter Belleville à pied et de nous parler de certains projets communautaires qui s’y trouvent. On a vu des locaux d’artistes et des murs couverts de magnifiques graffitis, des organismes engagés à rendre le quartier plus vert et des projets de logement social abordable. Nous avons aussi visité la Maison des Métallos , une ancienne fonderie récemment transformée en lieu d’avant-garde – performance, exposition et lieu de travail – bien implanté dans la communauté. Devant les écoles primaires, au-dessus des portes et dans les fenêtres, il y avait des bannières peintes à la main affichant « Laissez-les grandir ici » ou « Laissez-les apprendre ». Omer nous a expliqué que ces messages protestaient contre certaines tactiques de la police pour trouver et arrêter les familles de « sans-papiers », des immigrants illégaux, et qui consistent à attendre que les parents viennent chercher leurs enfants et à les arrêter devant l’école . Le 19 janvier, c’était la journée européenne contre la détention des immigrants sans-papiers, un problème qui a été souvent soulevé et qui tient à cœur à beaucoup de monde en France (http://www.educationsansfrontieres.org/ ). de
l'Institut de développement communautaire de l'Université Concordia. Le programme comportait un atelier sur la consommation responsable animé par La Maison Verte. Après son voyage, et inspiré par la rencontre de plusieurs groupes québécois durant les réunions, il a aidé à fonder Action Vert l’Avenir, un organisme qui aide les communautés à concevoir des espaces publics verts et des projets d’agriculture urbaine et à promouvoir les pratiques écologiques. Bravo à toute l’équipe!Explorer Paris à vélo pour (presque) rien!Bien que presque toute la délégation ait repris le chemin du Québec, je suis restée quelques jours de plus pour explorer la magnifique ville de Paris. J’ai particulièrement aimé mon expérience avec les vélos en libre-service gratuit (ou presque), Vélib’ , qu’on trouve un peu partout dans la ville. Lucille, ma nouvelle copine parisienne, a eu la gentillesse de me prêter sa carte d’abonnement Vélib’ pour quelques jours. Au coût de 29 €, cette carte est valide pour un an et donne un accès illimité. On peut aussi acheter une carte d’un jour pour 1 € ou encore une carte valide sept jours pour 5 € – le meilleur choix pour les touristes. Il vous suffit de glisser votre carte dans le lecteur situé à côté du vélo de votre choix pour le déverrouiller du point d’attache. Vous avez ensuite 30 minutes gratuites pour vous balader. Si vous utilisez le vélo plus longtemps, il vous en coûtera 1 € pour la deuxième demi-heure, 2 € pour la troisième, etc. De cette manière, on s’assure que les vélos restent en circulation et ne sont pas empruntés pour une trop longue période. De toute façon, vous pouvez aller pratiquement partout en une demi-heure à Paris, et s’il vous faut plus de temps, vous pouvez simplement changer de vélo à la prochaine borne et continuer votre route.
Bertrand Delanoë, le maire de Paris, était sérieux quand il a lancé ce service en 2007. Il y a au total 20 600 vélos, et on peut trouver une borne aux 300 mètres dans la ville. J’ai trouvé les vélos très confortables. Ils sont équipés de paniers, de feux avant et arrière (qu’on alimente en pédalant), d’une sonnette et de trois vitesses. Il y a même un système de verrouillage, au cas où vous voudriez vous arrêter dans une boutique ou un café. Les vélos sont disponibles 24 heures par jour, 7 jours par semaine, ce qui est parfait pour le retour à la maison tard le soir ou aux petites heures (!). Il va sans dire que les Parisiens les ont adoptés! On peut voir ces drôles d’engins partout dans la ville. C’est de toute évidence un projet qui remporte un vif succès.On parle d’implanter des projets semblables à Toronto et Montréal. Lançons-nous sans hésitation! Bien des gens possèdent déjà un vélo, mais ce système serait pratique pour ceux qui n’ont pas de vélo et incite ceux qui ont une courte distance à parcourir pour se rendre au travail ou à l’école à essayer le vélo. Voilà qui réduirait les bouchons et améliorerait la condition physique! Le seul ennui serait à mon avis l’impact de l’hiver et des routes salées sur les vélos, mais je suis certaine que nous pourrons imaginer une solution typiquement de chez nous à ce problème. (Lisez une article là-dessus dans le Devoir )En conclusion : |
|
|
| lun - merc |
10h00 - 18h00 |
| jeudi |
10h00 - 21h00 |
| vendredi |
10h00 - 18h00 |
| samedi |
10h00 - 17h00 |
| dimanche |
10h00 - 17h00 |
5785, rue Sherbrooke Ouest, Métro Vendôme + autobus #105
5785 rue Sherbrooke ouest, Montréal QC, H4A 1X2
Metro Vendôme + bus #105 téléphonez nous ! 514-489-8000
info@cooplamaisonverte.com